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L’Ecologisme des pauvres

L’écologie, un luxe réservé aux pays riches ? Faux, rétorque Joan Martínez Alier, qui prouve à travers ce livre que justice sociale et préservation de l’environnement, loin de se concurrencer, vont de pair. À rebours de la croyance selon laquelle il faudrait avoir atteint un certain niveau de confort pour se « permettre » d’être écologiste, l’auteur montre qu’il s’agit souvent d’une question de vie ou de mort pour les plus démunis.

Ainsi, tout comme il existe un écologisme de l’abondance (le tri sélectif ne peut s’inventer que dans des endroits où les poubelles débordent !), il existe partout dans le monde un écologisme des pauvres. Car non seulement les pauvres dépendent étroitement de leur environnement pour survivre, mais c’est aussi vers eux que sont transférées les activités les plus polluantes. Dans ce livre devenu un classique de l’écologie politique, Joan-Martínez Alier s’interroge sur les calculs possibles pour déterminer un prix « écologiquement correct » intégrant les dégâts environnementaux et sociaux. Mais, bien au delà, il insiste sur l’incommensurabilité des valeurs : quel prix donner à une vie humaine ? Quel prix pour une terre « sacrée » détruite par une mine de cuivre, ou pour une communauté entière exposée à des déchets toxiques ?

Aujourd’hui, petit à petit, la notion de justice environnementale fait son chemin. L’idée de dette écologique également : ceux qui utilisent le moins de ressources ne seraient-ils pas les créanciers de ceux qui les gaspillent ? Autrement dit, les riches n’auraient-ils pas une dette écologique envers les pauvres ?

L’écologisme des pauvres, une étude des conflits environnementaux dans le monde, Joan-Martinez Alier, Institut Veblen-Les petits matins, septembre 2014.

L’écologisme des pauvres vingt ans plus tard : Inde, Mexique et Pérou

L’écologisme des pauvres désigne les conflits causés par la croissance économique et par les inégalités sociales lorsque les effets négatifs de l’extraction des ressources et de l’évacuation des déchets sur l’environnement sont imposés à des groupes sociaux marginalisés. Ces conflits se déroulent parfois aux frontières de l’extraction, dans des territoires autochtones et des zones de refuge où il n’existe aucune couverture journalistique. Cette résistance est écologique même quand le mouvement ne recourt pas à cet adjectif. Ces mouvements de l’écologisme populaire perdent généralement la partie.

Les gagnants sont les experts en résolution de conflits que ce soit par décès de l’une des parties, par incarcération, exil forcé, corruption des dirigeants, division organisée des communautés par les conseillers des gouvernements et des entreprises. Dans certains cas, la résistance populaire l’emporte provisoirement, jusqu’à ce qu’un nouvel investisseur fasse son apparition. Que le projet soit minier, pétrolier ou hydroélectrique, il bénéficiera du soutien de l’État. Mais soyons optimistes : ces mouvements constituent une force sociale de premier plan. Ils sont à la recherche d’alliés dans le monde entier. Leur désir est simple : ils veulent orienter l’économie vers une voie plus juste et plus soutenable. De la résistance naît l’alternative.

De nouvelles formes de partage : la solidarité au delà de l’économie collaborative

Juin 2014

Dressant un vaste panorama de nouvelles pratiques collaboratives, Jean-Michel Servet propose dans cet essai la notion des biens communs pour distinguer les formes de partage à caractère réellement solidaire des modèles économiques qui ne le sont pas vraiment, bien qu’ils se réclament du partage à travers la collaboration.